
L’Allianz Arena a tremblé samedi après-midi, non pas sous le poids du public bavarois, mais sous cette sensation étrange, presque inquiétante, qu’un match pouvait basculer en un souffle. Mené 2-0 après vingt minutes, le Bayern vacillait comme pris dans une bourrasque soudaine. Puis, au cœur de cette tourmente, un joueur s’est avancé avec une douceur tranchante : Michael Olise discret, presque effacé, mais porteur d’une lumière capable d’apaiser les tempêtes. Ce qui suivit ressemblait à un récit aux frontières du fantastique : deux buts, trois passes décisives et la métamorphose totale d’un match promis au naufrage.
Le Français n’a pourtant pas dit un mot après la rencontre. Comme un artiste quittant la scène sans saluer, il a traversé la zone mixte sans un regard, laissant aux autres le soin de décrire son œuvre. Ses coéquipiers, eux, peinaient à traduire la justesse de son influence. « C’est juste un joueur magnifique », glissait Dayot Upamecano, encore sonné. À ses côtés, les dirigeants du Bayern parlaient d’un joueur “capable de plonger dans un match même lorsqu’il commence mal”, comme si Olise naviguait avec une aisance presque effrayante dans ces rencontres où tout semble vaciller.
Sur le terrain, son empreinte a été progressive, construite avec une précision presque chirurgicale. Il a d’abord lancé en déposant un ballon idéal pour Lennart Karl, avant d’égaliser d’une frappe sèche qui a ramené le Bayern à hauteur juste avant la pause. Puis, comme pour enfoncer le clou, il a distillé deux nouvelles offrandes : un corner millimétré pour Upamecano, puis une passe limpide pour Nicholas Jackson. Et, au moment où le stade retenait son souffle, il a frappé une dernière fois : une enroulée du gauche, d’une douceur assassine, scellant définitivement la rencontre.
Lorsque les dirigeants bavarois ont tenté de résumer sa prestation, leurs mots semblaient presque trop courts. « Il est le symbole de notre match », confiait Max Eberl, observant comment le joueur, mal entré dans la rencontre avait finalement transformé la tempête en symphonie. Jan-Christian Dreesen, lui, parlait d’un plaisir “simple et rare”, celui d’assister à cinq actions décisives façonnées par un seul homme. Et au moment où les lumières du stade s’éteignaient, une certitude demeurait : dans la tempête du football moderne, rares sont ceux qui comme Olise savent encore jouer avec une telle énergie.
Par Ben AMSINI
